Dès 1830, les Anglais se prenaient d'affection pour Biarritz. Leur premier cercle, rapidement transformé en maison de jeux, fut fermé par la police. Toutefois, en 1872, les autorités validèrent la création d’un nouveau club. D’abord installé rue Mazagran, il déménagea successivement place de la Mairie, puis dans les villas Piron et Santamaria.
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Biarritz la route de Bayonne au début du XXe siècle |
Deux ans plus tard, le club renaissait. Son inauguration fut marquée par un bal somptueux et un banquet de deux cents couverts, préparé dans les cuisines de l’hôtel Continental.
En 1889, un autre incendie détruisit les archives du tout jeune Biarritz-Golf-Club, fondé l’année précédente.
Dissous en avril 1916, le cercle fut rétabli l’année suivante sous le nom de British-American Club, devenant un haut lieu de la vie socio-culturelle locale.
Mais le temps fit son œuvre : la corrosion s’attaqua aux balustrades, la pierre s’effrita, et le vent ébranla charpente et toiture. Peu à peu, archives, bibliothèque et mobilier furent éparpillés sans ménagement. Finalement, le bâtiment fut démoli, ne laissant pour seul vestige que la première pierre, posée jadis par le duc de Connaught.
À mi-chemin entre Casanova et Don Quichotte, la vie romanesque et flamboyante du marquis de Javalquinto, duc d’Osuna et Grand d’Espagne, lui valut un surnom des plus fantasques : « Don Magnifico ». Collectionneur passionné, érudit raffiné, intime des monarques et protecteur des artistes, il était aussi un personnage excentrique, mondain et prodigue, particulièrement apprécié des habitants de Biarritz.
En 1866, il établit son « refuge » sur les hauteurs de la plage de l’Impératrice, face à l’imposante entrée du palais impérial, surplombant ses jardins. Son « château Javalquinto », un castel à l’italienne aux accents gothiques, devient alors le cadre de soirées baroques et fastueuses, où l’exubérance et le luxe captivent la haute société.
Mais cette insouciance a un coût. À son décès en 1900, ses héritiers, accablés de dettes, doivent faire face aux créanciers. C’est alors que Joseph Petit, maire de Biarritz depuis 1919, propose d’acquérir « Javalquinto » pour en faire l’hôtel de ville. L’édifice, vaste, confortable et idéalement situé, offre une vue imprenable sur la mer et les magnifiques jardins de l’hôtel Victoria.
Après trois années de négociations avec le duc de l’Infantado, la transaction aboutit en 1924 : « Javalquinto » devient la mairie de Biarritz. Il le restera jusqu’en 1953, date à laquelle l’administration municipale s’installe dans l’ancien grand magasin du Bon Marché.
Biarritz Avenue Édouard VII et avenue de la Marne en 2025 |
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